Truites et Saumons en Irlande

Suir valley fishery

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Les mouches à truites du printemps irlandais

En théorie, la pêche à la truite ouvre le 1er mars en Irlande et bien que les hivers irlandais aient tendance à devenir de plus en plus doux et cléments, en pratique, il n'est guère raisonnable d'espérer pouvoir prendre quelques truites en sèche avant le 17 mars, jour de la Fête Nationale de la Saint Patrick. Les grandes rivières comme la Suir, la Barrow, la Nore, la Slaney et la Lee étant en règle générale souvent lentes à se réchauffer, il est recommandé de démarrer la saison plutôt sur leurs affluents, souvent plus précoces. Sur ces tributaires, les premières éclosions importantes de Grandes Olives sombres (Baetis rhodani) réjouissent tout autant le pêcheur que les truites. Mais il faut certainement faire diligence car à cette époque, les activités de surface sont de courte durée et sont généralement concentrées pendant les heures les plus chaudes de la journée (de 11h du matin à 2h de l'après-midi).
La fin-avril, avec ses giboulées et ses vents froids est le témoin des premières éclosions d'éphémères bleu de fer (Baetis pumilus, Baetis niger), petites olives sombres dont les truites raffolent et qui produisent souvent des séances de pêche mémorables et des onglées non moins spectaculaires. Les locaux, pêchant en grande majorité en noyée avec un train de 3 mouches utilisent souvent à cette époque des Orange Partridge imitant sans doute la nemoure précoce (Protonemura meyeri), des Greenwell imitant la Rhodani et des March Brown imitant la Brune de Mars de chez nous qui ici aime à se faire attendre jusqu'en Avril. Très près des rives dans la journée des imitations de chironomidés (Midges) peuvent aussi produire quelques poissons en sèche. Des gammares (Gammarus pulex) et de grandes nymphes lestées pêchées profondément tentent parfois de fort beaux poissons refusant systématiquement de prendre des artificielles en surface.

L'arrivée du mois de mai est saluée par de nombreuses éclosions d'olives moyennes (Baetis buceratus, Baetis tenax), d'éphémères pâles (centropilum luteolum, baetis fuscatus) et d'olives à ailes bleues (Ephemerella ignita). Les premiers trichoptères (Phryganea grandis, phryganea striata, Rhyacophila dorsalis etc.) suivent de près prolongeant l'activité de surface jusqu'en fin d'après-midi et apportant avec eux la promesse de ces fabuleux coups du soir irlandais.

Même si les éclosions sont souvent courtes et irrégulières et les poissons pas encore aussi sélectifs que pendant les mois d'été, cette époque bénie où la rivière reprend vie au même rythme que la végétation qui la borde est toujours un moment privilégié pour le pêcheur à la mouche.

Mais la bonne volonté des farios sauvages locales est de courte durée, très vite les poissons reprennent leur méfiance instinctive, la richesse et la variété de leur alimentation améliore de jour en jour leur condition physique et la qualité de leur défense devient exceptionnelle, à tel point que très bientôt le nombre de vos captures devient directement proportionnel à l'efficacité de votre technique...

Un bon assortiment d'artificielles peux vous aider grandement à leurrer ces malignes et si j'ai écrit dans un article précédant que les artificielles françaises obtenaient très souvent d'excellents résultats en Irlande, il est néanmoins indéniable que certaines artificielles anglo-saxonnes ont depuis des générations largement gagné leurs lettres de noblesse. Si les Tricolores, les Peutes, les Culs de canard de toutes sortes, les Sauvages et les Altières et autres mouches hexagonales vous sembleront souvent inégalables, il n'en reste pas moins vrai que ceux d'entre vous qui ont prévu un séjour halieutique en Irlande pour la saison 96 mettraient sans aucun doute de nombreux atouts dans leur jeu en se mettant cet hiver à l'étau et en créant quelques-unes unes de ces imitations aux noms souvent légendaires. Dépouillées de leur rigidité initiale (grandes ailes rigides vrillant les bas de ligne) et simplifiées au maximum, ces artificielles vous éviteront peut être des bredouilles toujours possibles lorsque l'on pêche des poissons vraiment sauvages.

L'Irlande est sans aucun doute une destination de pêche où l'on peut encore obtenir très souvent des résultats impressionnants mais néanmoins ne soyez pas autrement surpris si à un moment ou à un autre durant votre séjour, les farios locales ne vous décernent un zéro pointé...

Dix huit ans après... cela m'arrive encore régulièrement...

Précisons toutefois que les modèles utilisés régulièrement dans nos rivières françaises font bien souvent l'affaire, aussi n'hésitez pas à stocker dans vos boites vos Palarettas, nymphes lestées ou non, vers d'eau, larves de phryganes et compagnie... elles pourront vous être utiles à un moment ou à un autre.

Les avantages de ce genre de pêche sont nombreux. La touche étant souvent plus tactile que visuelle, il est donc possible de continuer à prendre des truites tard dans la nuit (la pêche de nuit est autorisée en Irlande). Les lancers s'effectuant  vers l'aval, les mouches sont donc présentées avant le bas de ligne, et réussissent assez fréquemment à séduire les grosses truites plus méfiantes qui refusent systématiquement les mouches sèches présentées trois quart amont. Cette pêche autorise des lancers légèrement moins précis et moins discrets que la pêche en sèche et permet ainsi aux pêcheurs débutants d'obtenir  plus rapidement des résultats encourageants. L'utilisation de plusieurs mouches augmentent d'autant les chances de succès, néanmoins, malgré cet avantage évident, les attaques se faisant pratiquement toujours  en aval du pêcheur, les décrochages sont relativement fréquents et dans la plupart des cas inévitables.

Jean-Loup Trautner©1995

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