Truites et Saumons en Irlande

Suir valley fishery

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La truite à la mouche sur les rivières semi-calcaires d’Irlande

Encore largement  sous-développée sur le plan industriel,l'Irlande rurale n'a de ce fait ou devrais-je dire bienfait que peu  souffert jusqu'à présent, des insultes et des excès de notre société moderne. Protégés de ce fléau qui a déjà ruiné la plupart de nos belles rivières françaises et n'ayant pas à subir la dictature des barrages hydroélectriques qui les défigurent et déséquilibrent le cycle de vie naturel de la flore, de la micro-faune et des nombreuses espèces de poissons autochtones et migrateurs qui en dépendent, la grande majorité des cours d'eau irlandais ont conservé à ce-jour d'étonnantes ressources piscicoles qui font rêver la majorité des pêcheurs français, lassés de poursuivre chez nous et souvent à grands frais, des "truites de bassine" qui n'ont en réalité que bien peu de choses en commun avec leurs cousines gaéliques. Si ce bulletin de santé très satisfaisant  nous permet de contempler l'avenir halieutique de l'île avec un optimisme certain si ce n'est avec une sérénité totale, il est néanmoins important   de chercher à tempérer quelque peu l'enthousiasme souvent délirant de certains organismes chargés de promouvoir la pêche touristique en Irlande.

L'Irlande... Paradis pour Pêcheurs, ce cliché typique, présent dans toutes les brochures ventant la richesse halieutique de la verte Erin devrait plutôt se lire "L'Irlande... Paradis pour bons pêcheurs" car s'il est toujours possible, en cette fin de siècle, d'obtenir sur certaines rivières, des résultats inespérés pendant les éclosions massives d'Olives à ailes bleues  ou bien  de phryganes au coup du soir en été, il est en réalité bien plus fréquent de se retrouver face à face avec des poissons extrêmement sélectifs et  rusés  qui testeront sévèrement la finesse de votre technique.

Ce ne sont pas les gros paniers, ni les truites record que l'on vient chercher lorsque l'on vient pêcher en Irlande. C'est la qualité du challenge qui ramène les vrais pêcheurs sur les rives des rivières de ce pays. Et, avant d'être réellement en mesure de bien apprécier la véracité de ses propos, il vous sera nécessaire d'être à la fois témoin privilégié et victime impuissante  d'un de ces fameux coups du soir irlandais, moments magiques où la rivière totalement tapissée d'insectes variés, naissants et mourants, se met soudainement à bouillonner de gobages... les promesses d'hécatombes que ce spectacle nous suggère s'estomperont au même rythme que les incessants    changements d'artificielle, et ceci jusqu'à la réalisation douloureuse et finale que vous avez fait capot...

Ayant moi-même maintes fois essuyé cet affront, je précise désormais sans aucune ambiguïté aux clients qui viennent pêcher mes parcours privés sur la rivière Suir et qui me demandent de quantifier leurs résultats possibles sur cette rivière, que dans l'énorme majorité des cas leurs résultats seront proportionnels à la qualité de leur technique...

Malgré tout ce qui précède, ne croyez pas que je cherche à vous dégoûter de venir pêcher en Irlande, bien au contraire. De même, loin de moi l'idée de prétendre que réussir à prendre  des truites en rivière dans ce pays est l'apanage de l'élite halieutique... Certes non, tout simplement, lassé des publicités mensongères concernant la pêche dans le pays dans lequel je  réside depuis bientôt vingt ans, je ne cherche simplement dans cet article qu'à remettre certaines pendules à l'heure...

Il existe deux types principaux de rivières à truite en Irlande : tout d'abord les petites rivières acides de l'Ouest et du Nord-ouest de l'île, dans les régions du Kerry et du Connemara, qui étant relativement pauvres en micro-faune, n'abritent en règle générale que des truites de taille modeste mais qui peuvent néanmoins être fort amusantes à pêcher à la mouche. Ces cours d'eau de taille relativement modeste sont en général plus propices à la pêche du saumon et des truites de mer.

Les meilleures destinations pour la pêche de la truite à la mouche sont les grandes rivières semi-calcaires qui coulent dans le sud du pays. Équivalent irlandais des chalkstreams anglais, ces cours d'eau extrêmement riches abritent une densité de truites impressionnante, d'autant plus étonnante que la grande majorité d'entre eux n'est jamais rempoissonnée et que la stabilité de leurs stocks  ne dépend essentiellement que de la reproduction naturelle.

Ayant personnellement pêché  la plupart de ces rivières depuis que je réside dans ce pays, je suis convaincu que le joyau des rivières de l'île est la Suir. Cette belle rivière qui  traverse sur plus de 150km les Comtés du Tipperary et de Waterford représente pour moi la quintessence des cours d'eau à salmonidés. En effet, contrairement à ses proches voisines, la Blackwater,  la Lee, la Nore et la Barrow qui abritent de nombreuses espèces de poissons blancs, le cheptel de la Suir, mis à part quelques poissons migrateurs  comme l'anguille, la lamproie marine et l'alose feinte qui la fréquentent périodiquement, ne se compose uniquement que de truites farios sauvages, de saumons atlantiques et de quelques truites de mer en été.

Les interventions humaines, souvent néfastes, réduites au minimum, le dosage des engrais utilisés sur les terres arables riveraines  strictement réglementé et la prédation exercée par les hérons, les cormorans, les loutres et autres visons échappés d'élevage ne s'effectuant en grande partie que sur des sujets malades ou chétifs permet  à la souche sauvage d'y conserver tout son dynamisme et son intégrité génétique.

Sur les rivières du sud de l'Irlande l'ouverture de la truite se fait le 1er mars, mais en réalité, les grandes rivières prenant longtemps à se réchauffer, il ne faut guère espérer pouvoir réussir modestement à la mouche avant la mi-avril. Au début du printemps, il est souvent possible d'assister à d'intéressantes éclosions de Rhodani d'hiver qui nous permettent de toucher quelques poissons en sèche aux heures les plus chaudes de la journée, c'est à dire entre midi et 14h. Néanmoins, le début de saison réussit mieux aux pêcheurs en noyée qu'à ceux recherchant les truites actives en surface.

La pêche en noyée est d'ailleurs la forme de pêche traditionnellement utilisée par les  locaux pendant quasiment toute la saison de pêche à la truite qui se termine fin-septembre. Utilisant la plupart du temps des cannes rustiques, genre trique, de 9 pieds 6 ou de 10 pieds en carbone de qualité moyenne, lançant des soies à pointes plongeantes DT 6/7 et même bien souvent 8, ils peignent religieusement les pools, lançant trois quart aval, avec des trains de 3 mouches différentes présentant ainsi aux truites un menu à la carte à trois niveaux différents. Dès la fin du printemps, ils commencent à pêcher tard le soir, de préférence après la fermeture des pubs. Ils utilisent des diamètres de Nylon impressionnants en 22 ou 24/100ème qui leur permet de ne pas finasser pendant le combat avec les poissons et de les remonter sur la berge avec aisance. Compte tenu de la densité des poissons présents dans certaines rivières et de la méfiance moindre qu'ils montrent à intercepter une artificielle sub-aquatique, il est indéniable que cette méthode ancestrale  marche malgré son évident manque de raffinement

Ayant pendant longtemps trouvé cette forme de pêche particulièrement rébarbative, ce n'est que lors de la visite de Jean Louis Pelletier, quelques mois avant son décès, que j'ai pu apprécier les finesses de cette spécialité. La technique de la branlette qu'il utilisait pour animer ses mouches, alliée aux nombreuses boucles amont (mending) qu'il créait pour ralentir ou bien changer l'angle de la dérive de sa soie m'ouvrit certainement de nouveaux horizons et ses résultats pendant la semaine qu'il passa sur mes parcours firent beaucoup d'envieux parmi les pêcheurs du cru...

La technique de base est simple : lancer trois quart aval, boucle amont importante (mending) aidant à ralentir la dérive des artificielles et de permettre ainsi aux mouches de pointe et intermédiaire de descendre sous la surface et d'éviter le dragage en surface pratiquement toujours néfaste, car, en général seule la sauteuse draguant en surface entraîne des attaques.

Les mouches efficaces utilisées pour ce genre de discipline sont nombreuses et certaines portent des noms fameux: Wickam's Fancy, Greenwell, Butcher, Peter Ross etc. Les trains de mouches se composent généralement d'une mouche de pointe peu fournie afin de pouvoir plonger rapidement et cherchant souvent à représenter un insecte à l'état nymphal,  1 mètre plus haut (mouche intermédiaire) sur le bas de ligne au bout d'une potence d'environ 10cm on choisit généralement une mouche à l'état ailé représentant l'insecte naturel en train d'éclore, la dernière mouche montée en sauteuse près de la soie est toujours plus fournie et représente la plupart du temps une imitation de phrygane, insecte souvent très mobile à la surface de l'eau.

Les combinaisons possibles de mouches sont infinies, voici néanmoins les modèles les plus employés par  les pêcheurs irlandais sur la Suir en Irlande :
Mouche de pointe : Peter Ross, March Brown, Butcher.
Intermédiaire : Medium Olive, Greenwell's Glory, Wicham's Fancy.
Sauteuse : Orange Sedge, Orange Partridge, Coachman.

Précisons toutefois que les modèles utilisés régulièrement dans nos rivières françaises font bien souvent l'affaire, aussi n'hésitez pas à stocker dans vos boites vos Palarettas, nymphes lestées ou non, vers d'eau, larves de phryganes et compagnie... elles pourront vous être utiles à un moment ou à un autre.

Les avantages de ce genre de pêche sont nombreux. La touche étant souvent plus tactile que visuelle, il est donc possible de continuer à prendre des truites tard dans la nuit (la pêche de nuit est autorisée en Irlande). Les lancers s'effectuant  vers l'aval, les mouches sont donc présentées avant le bas de ligne, et réussissent assez fréquemment à séduire les grosses truites plus méfiantes qui refusent systématiquement les mouches sèches présentées trois quart amont. Cette pêche autorise des lancers légèrement moins précis et moins discrets que la pêche en sèche et permet ainsi aux pêcheurs débutants d'obtenir  plus rapidement des résultats encourageants. L'utilisation de plusieurs mouches augmentent d'autant les chances de succès, néanmoins, malgré cet avantage évident, les attaques se faisant pratiquement toujours  en aval du pêcheur, les décrochages sont relativement fréquents et dans la plupart des cas inévitables.

Contrairement aux chalk-stream anglais, alimentés en grande partie par des sources d'eau très claire filtrée par la chaux, les rivières semi-calcaires d'Irlande sont généralement alimentées par les eaux de ruissellement qui sont filtrées par le calcaire très poreux. Le filtrage par cette roche très foncée, laisse un résidu sombre et opaque qui finit par se déposer sur le fond des rivières rendant le repérage des truites en activité quasiment impossible.

Ceci explique pourquoi la pêche à la nymphe à vue est pour le moins hypothétique sur ce genre de rivière et seul l'usage d'un voyant (type" Rigoletto") peut vous permettre d'effectuer quelques prises. Trouvant l'éthique de cette méthode quelque peu douteuse, je préfère envoyer mes clients amateurs de pêche à la nymphe à vue dans les petits tributaires de la Suir où ce genre de pêche réussit beaucoup mieux.

Malgré l'énorme densité de micro-organismes de tous ordres (larves, nymphes, gastéropodes, insectes terrestres et crustacés) qui habitent dans les herbiers, les truites   sont  souvent très actives en surface, c'est pourquoi la pêche en sèche donne toujours les meilleurs résultats. La variété des éphémères, plécoptères, trichoptères et diptères présents sur ces rivières est surprenante. Une seule absente de marque sur ce type de rivière, peu ou pas de Mouche de Mai  (Ephemera Danica) et ceci s'explique par l'absence quasiment totale de fonds limoneux qui abritent les larves de cet insecte.

Le matériel idéal pour pêcher ces grandes rivières est une canne d'un minimum de 9 pieds pouvant lancer une soie DT 5 ou 6 monté sur un moulinet garni de 50 mètres de backing car il est toujours possible en été d'accrocher un castillon au coup du soir... Les micro-cannes  lançant des soies naturelles N° 1 ou  2 seront la plupart du temps totalement inutilisables car l'Irlande étant une île, il y a souvent du vent !!!

Les techniques de pêche sont les mêmes que celles utilisées sur toutes les autres rivières du globe. Trois petits conseils néanmoins qui vous seront utiles : 

  1. Premièrement, en cas de refus obstinés sur des lancers trois quart amont, essayer de présenter votre artificielle en travers ou bien mieux encore trois quart aval. Ceci vous évitera souvent des heures de frustration inutile.

  2. Deuxièmement, mis à part au coup du soir ou il est possible d'utiliser du 14 ou du 16/100ème, il vous faudra pendant la journée, utiliser impérativement des pointes de bas de ligne en 10/100ème si vous voulez avoir des attaques  régulières.

  3. Enfin, malgré la finesse de vos bas de ligne, il vous faudra chercher à brider immédiatement vos poissons et à tenter  de les garder le plus possible en surface. En effet la combativité des poissons de la Suir est légendaire et dès qu'ils sont piqués, ils cherchent à tout prix à rejoindre leurs gîtes dans les herbiers à grand renfort de casse bien évidemment...

Au sujet des insectes qui apparaissent  sur ces rivières au fil de la saison et des artificielles qui cherchent à les imiter, je vous renvoie au tableau détaillé  ci-dessous. Ce dernier vous aidera beaucoup plus qu'une longue dissertation sur les mérites de telle ou telle artificielle. De même j'ai ajouté un autre tableau qui permettra aux monteurs acharnés de créer les modèles anglo-saxons mentionnés. Ces artificielles devraient vous permettre de sortir votre épingle du jeu, néanmoins, rassurez-vous, car les artificielles françaises réussissent fort bien en Irlande et si vos boites de mouches sont garnies de cul de canard, de Peutes, de Phryganes, de Tricolores, de Paysannes et quelques modèles genre A4 de Devaux et Altière de Bresson, montées en plusieurs tailles, vous serez alors suffisamment bien équipé pour affronter ces belles rivières sauvages avec confiance.

Les grandes rivières comme la Suir, la Barrow, la Nore, la Slaney et la Lee étant en règle générale souvent lentes à se réchauffer, il est recommandé de démarrer la saison plutôt sur leurs affluents, souvent plus précoces. Sur ces tributaires, les premières éclosions importantes de Grandes Olives sombres (Baetis rhodani) réjouissent tout autant le pêcheur que les truites. Mais il faut certainement faire diligence car à cette époque, les activités de surface sont de courte durée et sont généralement concentrées pendant les heures les plus chaudes de la journée (de 11h du matin à 2h de l'après-midi)

La fin-avril, avec ses giboulées et ses vents froids est le témoin des premières éclosions d'éphémères bleu de fer (Baetis pumilus, Baetis niger), petites olives sombres dont les truites raffolent et qui produisent souvent des séances de pêche mémorables et des onglées non moins spectaculaires. Les "locaux", pêchant en grande majorité en noyée avec un train de 3 mouches utilisent souvent à cette époque des Orange Partridge imitant sans doute la nemoure précoce (Protonemura meyeri), des Greenwell imitant la Rhodani et des March Brown imitant la Brune de Mars de chez nous qui ici aime à se faire attendre jusqu'en Avril. Très près des rives dans la journée des imitations de chironomidés (Midges) peuvent aussi produire quelques poissons en sèche. Des gammares (Gammarus pulex) et de grandes nymphes lestées pêchées profondément tentent parfois de fort beaux poissons refusant systématiquement de prendre des artificielles en surface.

Si les périodes d'activités de surface sont très limitées dans le temps, il est un fait notable qu'en tout début de saison les truites sont nettement plus faciles à leurrer que de coutume et elles montent avec avidité sur toutes imitations présentées correctement et raisonnablement proches de l'insecte naturel en train d'éclore. Rien de tel qu'un régime d'insectes hautes calories pour se refaire une santé après l'ascétisme de l'hiver.

L'arrivée du mois de mai est saluée par de nombreuses éclosions d'olives moyennes (Baetis buceratus, Baetis tenax), d'éphémères pâles (centropilum luteolum, baetis fuscatus) et d'olives à ailes bleues (Ephemerella ignita). Les premiers trichoptères (Phryganea grandis, phryganea striata, Rhyacophila dorsalis etc.) suivent de près prolongeant l'activité de surface jusqu'en fin d'après-midi et apportant avec eux la promesse de ces fabuleux coups du soir irlandais.

Même si les éclosions sont souvent courtes et irrégulières et les poissons pas encore aussi sélectifs que pendant les mois d'été, cette époque bénie où la rivière reprend vie au même rythme que la végétation qui la borde est toujours un moment privilégié pour le pêcheur à la mouche.

Mais la bonne volonté des farios sauvages locales est de courte durée, très vite les poissons reprennent leur méfiance instinctive, la richesse et la variété de leur alimentation améliore de jour en jour leur condition physique et la qualité de leur défense devient exceptionnelle, à tel point que très bientôt le nombre de vos captures devient directement proportionnel à l'efficacité de votre technique...

Un bon assortiment d'artificielles peux vous aider grandement à leurrer ces malignes et si j'ai écrit dans un article précédant que les artificielles françaises obtenaient très souvent d'excellents résultats en Irlande, il est néanmoins indéniable que certaines artificielles anglo-saxonnes ont depuis des générations largement gagné leurs lettres de noblesse. Si les Tricolores, les Peutes, les Culs de canard de toutes sortes, les Sauvages et les Altières et autres mouches hexagonales vous sembleront souvent inégalables, il n'en reste pas moins vrai que ceux d'entre vous qui ont prévu un séjour halieutique en Irlande pour la saison 96 mettraient sans aucun doute de nombreux atouts dans leur jeu en se mettant cet hiver à l'étau et en créant quelques-unes unes de ces imitations aux noms souvent légendaires. Dépouillées de leur rigidité initiale (grandes ailes rigides vrillant les bas de ligne) et simplifiées au maximum, ces artificielles vous éviteront peut être des bredouilles toujours possibles lorsque l'on pêche des poissons vraiment sauvages.

L'Irlande est sans aucun doute une destination de pêche où l'on peut encore obtenir très souvent des résultats impressionnants mais néanmoins ne soyez pas autrement surpris si à un moment ou à un autre durant votre séjour, les farios locales ne vous décernent un zéro pointé..."

Dix huit ans après... cela m'arrive encore régulièrement...

Jean-Loup Trautner©1995

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